Charlotte Beeckmans, « le cœur par la main »

Charlotte Beeckmans, « le cœur par la main »

Extrait d'un article publié dans la revue 'Juliette & Victor'

Originaire de Lille, Charlotte Beeckmans est venue s’installer en Belgique après avoir rencontré son mari, natif d’Anvers et officier de carrière.
Au gré des affectations de ce dernier, ils se sont installés en Allemagne, puis à Brasschaat au nord d’Anvers, tout près des dunes qu’elle affectionne tant, avant de se poser à Bruxelles. Charlotte, dont le regard conserve l’éternelle jeunesse des âmes qui s’enrichissent au contact des autres, a toujours fait preuve d’un dynamisme qui peut faire défaut à la vie des femmes dans les garnisons.
Accueillir les épouses étrangères des compagnons d’armes de son mari, les guider dans leur installation, organiser des réceptions, des concerts pour trouver de l’argent pour diverses associations, sont autant de casquettes qu’elle a portées, son besoin d’aller vers les autres trouvant chaque fois un écho à une sollicitation ou une solitude.
Il y a 21 ans, alors qu’elle suit une formation en psychologie, une personne lui dit qu’il faudrait s’occuper des enfants atteints du sida. Charlotte saisit la réflexion au vol, et décide de s’y mettre. « Par passion pour les gens », dit-elle, mais aussi, avec une grande pudeur, « par amour des enfants, de tous les enfants », la perte de deux des siens l’ayant sensibilisée plus qu’une autre, peut-être, à leur détresse et leur fragilité. « A l’époque, le sida faisait peur à tout le monde, les informations les plus invraisemblables circulaient sur les modes de transmission. » Charlotte veut tordre le cou à ces réactions nourries par l’ignorance.
Elle met en place, avec l’aide de son mari et de quelques bénévoles, un service de chauffeurs qui viennent chercher les enfants chez eux et les emmènent à l’hôpital : l’association « Prendre un enfant par la main » (dont le nom lui fut suggéré par sa petite-fille) est née. Viendront ensuite les « Babouchkas et Babouchkos », personnages-repères dans les services de pédiatrie et d’oncologie; puis « Sparadrap Circus », qui leur propose des spectacles de cirque, relayé par une maison qui accueille les familles durant les vacances.
Depuis plus de vingt ans, Charlotte Beeckmans accueille les bénévoles, gère les agendas, tisse ce réseau de solidarité dont elle sait qu’il ne serait rien s’il n’était relayé par autant de générosité. Il existe des personnes dont le regard vous porte, car elles ont décidé de voir en leur interlocuteur ce qu’il a de meilleur. Ce regard exprime une audace, celle de faire le pari fou de se mettre du côté de la bienveillance. Elle a fait ce pari-là.

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